Comme nombre de chefs d’Etat du monde, Alain Bernard s’est adressé, lui aussi, aux Gabonais le 31 décembre à 20 heures. On a eu l’impression qu’il se parlait à lui-même. Aucune vision lucide sur l’orientation qu’il attend donner au pays en 2018. On a aperçu un type visiblement dépassé par la fonction qu’il occupe depuis huit ans.

Pas un mot sur la situation désastreuse des étudiants gabonais en France, boursiers de l’Agence Nationale des Bourses du Gabon(ANBG), menacés d’expulsion de logement, certains ont déjà eu des préavis. Il a refusé d’éclairer la lanterne des Gabonais sur le sort de ces étudiants qui, faut-il  le rappeler, ont été envoyés par le Gabon.

Pas un mot sur le paiement des entreprises à qui l’Etat doit des centaines de milliards. Tous ceux qui avaient encore quelques illusions sur la capacité d’Alain Bernard à mettre le pays au pas du développement en auront pour leurs frais.

Pas de choix économique clair et lisible en 2018. Juste une litanie d’intentions pieuses telles que la création de 10.000 emplois, dotation de salles informatiques dans les lycées et collèges, rénovation des écoles primaires, mise en place d’un réseau de cliniques mobiles dans l’ensemble du pays, gratuité des frais d’accouchement et mise en place d’un Fonds d’Initiatives Départementale, pour le financement des projets communautaires. « Akiéééééééé !», pour reprendre une expression propre de chez nous. On dirait le discours d’un président entrant qui n’est qu’à sa première mandature. Il semble oublier qu’il entame sans discontinuer sa 8ème  année de règne sans partage. Si on construisait un pays avec des discours creux, Alain Bernard aurait déjà fait du Gabon un des pays les plus développés d’Afrique. Ses promesses n’engagent que ceux qui y croient. Il a toujours résolu les problèmes des Gabonais dans le virtuel et non dans la réalité.